La ville de Saint-Marc était pratiquement à l’arrêt ce samedi 2 mai 2026. Dès les premières heures de la matinée, des barricades de pneus enflammés, de blocs de béton et de mobiliers urbains ont été érigées par des riverains sur plusieurs axes routiers stratégiques, paralysant la circulation et coupant l’accès aux quartiers administratifs.
Ce mouvement de colère citoyenne fait suite à une attaque meurtrière survenue quelques jours plus tôt dans la localité voisine de Jean-Denis. Selon des sources concordantes, des hommes lourdement armés du gang « Gran Grif » ont semé la terreur, causant la mort d’au moins deux personnes et réduisant en cendres des dizaines de maisons. Face à l’absence de réaction significative des autorités, perçue par la population comme une forme d’abandon, la consternation a rapidement laissé place à la révolte.
« L’État est invisible. Les gangs brûlent nos maisons, tuent nos voisins, et nous n’avons aucune protection », a déclaré un habitant sous couvert d’anonymat, alors que des groupes d’autodéfense, armés de machettes et de bâtons, tentaient d’organer une résistance locale. Ces unités de civils, sévèrement sous-équipées, peinent toutefois à contenir l’influence des criminels.
La menace ne se limite pas à « Gran Grif ». D’autres groupes armés, comme « Kokorat San Ras », continuent de sévir impunément dans la région, tandis que des tensions latentes persistent avec les gangs retranchés dans la zone de Savien, à quelques kilomètres de là. Les manifestants dénoncent également un « deux poids, deux mesures » de la part des autorités centrales, estimant que la crise sécuritaire du Bas-Artibonite n’est pas traitée avec la même vigueur que celle de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
À l’heure où ces lignes sont écrites, aucun membre du gouvernement ne s’est encore rendu sur place, et les forces de l’ordre, bien que déployées en nombre limité, n’ont pas tenté de démanteler les barricades, laissant la ville sous tension jusqu’à nouvel ordre.

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